Ligne CFF Lausanne – Genève. Le désormais célèbre trou de Tolochenaz a occupé l’actualité romande pendant une bonne partie du mois de novembre. Un incident géologique, un affaissement, une poche de sable non détectée d’environ 5 m3 a mis en péril la stabilité des voies entre Morges et Allaman. Mardi 9 novembre dernier aux alentours de 17 h, le trafic ferroviaire entre les deux plus grandes villes de Suisse romande est ainsi totalement interrompu. Plus complexe qu’il n’y paraît, l’épisode bloquera complètement la ligne pour ensuite perturber l’exploitation durant plus de deux semaines. Le retour à une cadence presque normale n’est finalement survenu que le 24 novembre. Cette perturbation majeure au cœur du deuxième pôle économique du pays, qui a laissé sur le carreau les quelque 60000 pendulaires qui voyagent chaque jour entre Lausanne et Genève (Ligne CFF Lausanne – Genève) et a provoqué de sérieuses perturbations dans l’approvisionnement en marchandises de tout un canton, n’aura trouvé qu’un très faible écho en Suisse alémanique. Plus choquant encore, lors de la conférence de presse sur la stratégie 2030 tenue par les CFF le 25 novembre, Vincent Ducrot, directeur de l’ancienne régie, n’a pas dit un seul mot sur l’incident !

Les autorités vaudoises et genevoises, par les voix de Nurria Gorrite et Serge Dal Busco notamment, ont martelé ces jours le caractère urgent et indispensable de la création d’une nouvelle ligne entre les deux villes. Néanmoins, le temps de la planification ferroviaire et de la réalisation d’une telle infrastructure se compte en plusieurs dizaines d’années. De plus, la réalité actuelle ne laisse rien présager de bon ; aucune décision n’est prise, aucune esquisse de projet n’existe et, dans les hautes sphères décisionnelles, la question est mise sous silence.

La Confédération se doit pourtant de répondre à cet enjeu, non seulement pour la Métropole lémanique, mais aussi pour une grande partie de la Suisse et son économie. Un premier pas significatif pourrait être franchi par l’acceptation du projet de création d’un tunnel à double voie entre Morges et Allaman dans le cadre de la prochaine étape d’aménagement PRODES 2035. Une affaire à suivre de très près et pour laquelle le lobbying romand doit se montrer plus uni que jamais.

Pendant ce temps à l’EPFL, la start-up Swisspod construit un banc d’essai pour tester la technologie de transport ultra-rapide sous vide. Présenté comme un cinquième mode de transport, plus propre que l’avion et plus rapide que le train, le système Hyperloop pourrait révolutionner la mobilité longue distance. Une telle infrastructure permettrait de relier Genève à Zurich en 17 minutes seulement. Bien des défis restent à surmonter avant de réaliser un tel exploit. Il faudra trouver le bon modèle économique, recevoir les autorisations, soulever les fonds et, non des moindres, éviter les trous de Tolochenaz et franchir le Röstigraben.