éditorial 1.2021_Beaucoup d’entre nous se souviennent du temps où l’on parlait de l’an 2000 comme du futur. Aujourd’hui, celles et ceux qui sont nés au passage du millénaire ont 21 ans et sont de plus en plus nombreux à intégrer le monde du travail. (Les Y, les Z et la construction)

Les jeunes de la génération Z, nés entre 1995 et 2010, sont la version optimisée de la génération Y ou millenials (nés entre 1980 et 1994). Si les millenials ont vécu la globalisation et la naissance d’Internet, la nouvelle génération est réellement née dans l’ère digitale. Pour rappel, le World Wide Web passe dans le domaine public le 30 avril 1993 et Google est fondé en 1998. Mobilité, réalités multiples, réseaux sociaux, refus des étiquettes et conscience globale plus marquée sont parmi les caractéristiques qui définissent les «digital natives». Contrairement à leurs prédécesseurs, appelés aussi la « génération moi », ils sont prêts à se mobiliser pour des causes globales et se confrontent aux institutions de manière absolument pragmatique. Leurs valeurs et attentes sont bien sûr liées à ce tissu. Le matérialisme en tant qu’idéologie chère aux baby-boomers (nés entre 1940-1959) et la possession en tant que status symbol typique de la génération X (nés entre 1960-1979) sont désormais dépassés. La génération Y ne lutte plus pour obtenir de l’argent mais pour vivre des expériences personnelles dans un monde global. Pour la génération Z, la consommation et l’utilisation remplacent la possession et deviennent illimitées, presque gratuites et souvent chargées d’une dimension éthique. Les Z ne sont pas prêts à sacrifier leur vie personnelle et familiale, ils n’intègrent pas une entreprise pour construire une carrière mais pour participer à une mission, une expérience ou prendre part à un projet.

Le monde de la construction se doit de s’intéresser à ces questions et d’adapter son approche. La SSE (Société Suisse des Entrepreneurs) a récemment commandé une enquête à l’institut d’étude de marché Demoscope sur le thème «Comment faire des métiers de la construction des métiers prisés ? ».

Malgré les clichés et une perception encore trop souvent négative, les attentes de la génération Z pourraient trouver un réel écho dans les professions de la construction. La formation initiale et continue dans le secteur principal de la construction ouvre de nombreuses perspectives pour l’épanouissement et le développement personnels. Le caractère exigeant, stimulant et varié des professions de la construction n’apparaît pas suffisamment aux yeux des personnes extérieures. Le sentiment concret de participer à un projet et la satisfaction de découvrir rapidement le fruit de son travail sont réels dans la construction.

Présenter l’ensemble du processus de travail – de la planification, l’organisation, la préparation et la préfabrication à l’exécution, l’achèvement et la remise – peut donc contribuer à augmenter l’attractivité du secteur de la construction dans son ensemble. La promotion d’une culture de chantier positive, équilibrée et bien- veillante est à ce titre essentielle. (www.chantiersmagazine.ch)