Thomas Edison n’a pas inventé l’ampoule. Lorsqu’il présente sa lampe à incandescence en 1879, il ne fait en effet qu’améliorer les travaux d’un autre inventeur.

Mais Edison dispose d’un procédé de fabrication industriel et, surtout, d’une mentalité d’entrepreneur hors pair. Edison ne se limite pas à inventer, il fabrique, commercialise et souhaite que cette innovation soit présente dans chaque foyer. A cette fin, il lui faut une infrastructure de production et de distribution conséquente. À Manhattan, comme dans d’autres grandes villes américaines, c’est initialement la société de Thomas Edison lui-même, Edison General Electric (devenue General Electric) qui réalise, à ses frais, l’électrification. Poteaux, tranchées, cen- trales électriques et câblages dans toutes les rues: des travaux immenses et des coûts faramineux. C’est une révolution! Bien que l’infrastructure ne vise initialement que l’éclairage, elle stimulera le développement d’innombrables innovations. Une publicité de 1917 disait : « Utilisez votre électricité pour plus que de la lumière». Les premiers électroménagers – fers à repasser, machines à laver, ventilateurs – seront d’ailleurs dotés d’un culot et branchés à la place d’une ampoule; la prise et l’inter- rupteur ne seront inventés que bien plus tard.

L’ampoule électrique a donc posé les bases du monde moderne tel que nous le connaissons et son invention aurait permis à la plupart d’entre nous de bénéficier d’une retraite anticipée et dorée. Thomas Edison continue pourtant à inventer. Il aura à son actif 1093 brevets, dont le dernier déposé en 1931, un an avant sa mort à l’âge de 84 ans.

Le monde de la construction connaît aujourd’hui à son tour un nouveau tournant. Digitalisation, maquette BIM et autres applications ont fait leur apparition. Du bureau d’ingénieur, ces dernières sont passées aux architectes et s’invitent désormais sur le chantier. L’infrastructure est en place et chaque acteur,

même le plus humble des ouvriers sur le plus petit des chan- tiers, dispose d’une connexion web performante. Comment ce potentiel énorme sera-t-il exploité ?

Le 9 novembre dernier à l’EPFL, la 6e édition de la Conférence BIM a réuni quelque 200 professionnels. Au-delà d’une énième démonstration de relevé et de nuages de points, ce sont les questions de normes et les applications liées à la gestion des bâtiments ainsi qu’à leur financement qui ont attiré l’atten- tion de l’assistance. L’idée d’un «Building Passport» basé sur la maquette BIM en phase d’avant-projet fait son chemin. Ce passeport doit servir à la réalisation d’une analyse détaillée de la valeur et de la performance énergétique du bâtiment, à partir de sa construction jusqu’à son utilisation sur cinquante ans. Des informations précieuses pour les grands investisseurs susceptibles de financer le projet et pour les sociétés cotées en bourse.

De toute évidence, ces nouvelles applications n’en sont qu’à leurs balbutiements. Quelles seront les pratiques qui rythme- ront le quotidien des professionnels dans dix, vingt ou cin- quante ans ? Votre entreprise est-elle prête à suivre ces innova- tions, ou mieux, à en être le moteur ?

En 2023, General Electric est l’une des valeurs du New York Stock Exchange, annonce un chiffre d’affaires de 150 milliards, emploie près de 300 000 personnes et déploie ses activités dans 150 pays.

Et vous, comptez-vous utiliser l’électricité uniquement pour vous éclairer ?

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